Brame du cerf dans les Vosges.

Le brame du cerf sauve-t-il la forêt vosgienne ?

Chaque année en septembre, la forêt vosgienne résonne d’un son unique : le brame du cerf.

Pendant deux à quatre semaines, le roi de la forêt oublie presque de manger. Son énergie est consacrée à une seule mission : défendre son territoire, séduire les biches et repousser les prétendants.

Résultat ? Il peut perdre jusqu’à 20 % de son poids. Pour un animal qui peut atteindre 250 kg, cela représente plusieurs dizaines de kilos envolés en quelques semaines.

Et c’est là que la question devient intéressante.

Car le cerf est un grand consommateur de jeunes arbres. Sapins, feuillus, pousses tendres : il participe naturellement à façonner la forêt. Lorsque les populations deviennent trop importantes, le renouvellement forestier peut être ralenti et certaines essences ont plus de mal à se développer.

Alors, pendant le brame, lorsque Monsieur passe davantage de temps à bramer qu’à brouter, on pourrait presque dire avec humour qu’il laisse un peu de répit à la forêt vosgienne.

Bien sûr, la réalité est plus complexe.

Depuis plusieurs décennies, les populations de grand gibier ont fortement augmenté en France. Cerfs, chevreuils, sangliers mais aussi d’autres ongulés exercent une pression importante sur les jeunes peuplements forestiers.

Les forestiers connaissent bien ces phénomènes :

• l’abroutissement : consommation des jeunes arbres ;
• l’écorçage : arrachement de l’écorce ;
• les frottis : frottements contre les troncs ;
• les vermillis du sanglier : retournement du sol.

La forêt nourrit cette faune abondante… mais elle en subit aussi les conséquences.

Et pourtant, paradoxe intéressant : nous n’avons jamais eu autant de forêt en France. Mais entre les sécheresses répétées, les canicules et les maladies, elle traverse une période délicate. L’été 2026 risque d’ailleurs de laisser des traces dans les mémoires.

Le brame est aussi une période particulièrement sensible pour les animaux.

Certains sites vosgiens sont devenus très fréquentés et les cerfs ont parfois déplacé leurs secteurs d’activité pour retrouver davantage de tranquillité.

Observer le brame est un privilège, pas un spectacle.

Cela implique de rester discret, de garder ses distances et d’accepter que l’on entende souvent davantage que l’on ne voie.

C’est d’ailleurs ce que j’aime transmettre lors de mes sorties : apprendre à écouter la forêt avant de chercher à la photographier.

Car le plus beau souvenir n’est pas toujours celui que l’on ramène sur une carte mémoire.

C’est parfois ce frisson lorsque, dans la pénombre, un brame résonne entre les sapins.

Un instant présent.

Un cadeau de la nature.

 

 

 

Derrière la vidéo : quelques explications

J’ai réalisé ce montage de façon volontairement pédagogique afin de mettre en avant ce qui fait toute la magie du brame : le son.

Lors d’une sortie brame du cerf, vous entendrez souvent bien plus que vous ne verrez. Dans l’obscurité ou la pénombre, l’oreille devient votre meilleur guide.

Contrairement à ce que l’on imagine parfois, le cerf ne produit pas un seul type de brame. Selon la situation, son cri change : affirmation de territoire, intimidation d’un rival, séduction des biches, démonstration de puissance… Chaque vocalisation a sa signification.

Sur la première séquence, accompagnée d’une image animée en noir et blanc, vous entendez quatre cerfs se répondre à distance. Chacun affirme sa présence et marque son territoire par des brames graves et profonds.

Dans la deuxième partie, alors que j’avance le plus discrètement possible le long d’un ruisseau, ce sont des daguets — de jeunes cerfs âgés d’un à deux ans — qui se manifestent. Leur voix est plus aiguë et moins puissante que celle des grands mâles expérimentés.

Enfin, j’ai eu la chance d’apercevoir un cerf. Malgré mon immobilité et toutes les précautions prises, il m’a rapidement détectée. Dans la forêt, les animaux ont souvent un temps d’avance sur nous.

Ce fut un moment suspendu.

Quelques secondes seulement, mais suffisamment pour ressentir ce mélange d’émerveillement, d’humilité et de respect que procure la rencontre avec un animal sauvage.

Des frissons.

Un instant présent.

Un cadeau de la nature.

 

Envie de découvrir le brame du cerf dans les Vosges ?

Je vous accompagne pour vivre cette expérience en petit groupe, dans le respect des animaux et de leur tranquillité. Ici, pas de spectacle garanti : simplement la possibilité d’assister à l’un des plus beaux moments de la vie sauvage.

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